Gemini Notebook : plus de 12 000 pages de spam indexées par Google
Des carnets publics de Gemini Notebook, l'outil de prise de notes IA de Google, servent à faire indexer du spam dans Google Search. Repéré par Charles Floate puis relayé par Gagan Ghotra et Glenn Gabe, le procédé toucherait plus de 12 000 pages, selon Search Engine Roundtable.
Des carnets Gemini Notebook rendus publics servent à faire indexer du spam dans Google Search. Search Engine Roundtable a fait le point le 22 septembre 2026 : plus de 12 000 pages de ce type figureraient dans l’index, et Google ne les avait pas retirées au moment de la publication.
L’essentiel
- Des carnets Gemini Notebook publics hébergent des contenus de spam indexés par Google.
- Search Engine Roundtable avance le chiffre de plus de 12 000 pages indexées.
- Thèmes relevés : sextoys, pornographie, peptides, codes promo et applications.
- Google ne s’est pas exprimé publiquement à ce stade.
Des carnets publics détournés en pages de spam
Selon Search Engine Roundtable, c’est le SEO britannique Charles Floate qui a repéré la manœuvre le premier. Dans un message publié sur X, il affirme avoir « piraté l’AI Overview en se servant de Google lui-même » (traduction). L’article ne dit pas si le contenu d’un carnet est réellement remonté dans un AI Overview. Aucune capture publique ne permet de le vérifier.
Gagan Ghotra a relayé la découverte en décrivant des SEO black hat qui se servent de carnets NotebookLM publics comme d’une technique de « parasite SEO ». Le 22 septembre, il a crédité Charles Floate pour la trouvaille. Le mécanisme ne demande aucune compétence technique : on crée un carnet, on le rend public, et la page hébergée par Google peut être explorée puis indexée comme n’importe quelle autre.
Pour rappel, NotebookLM est devenu Gemini Notebook. La documentation des fetchers de Google liste désormais l’agent Google-GeminiNotebook, l’ancien Google-NotebookLM n’étant pris en charge que jusqu’en août 2026.
12 000 pages indexées, un chiffre sans méthode connue
Dans son article du 22 septembre 2026, Barry Schwartz écrit que Google en est à plus de 12 000 pages de ce type dans son index. Il ne dit pas comment ce total a été obtenu. Mieux vaut donc le lire comme un ordre de grandeur que comme un relevé exhaustif.
La veille, le 21 septembre, Glenn Gabe avait alerté sur ces carnets en énumérant les sujets visés, des peptides aux codes promo en passant par la pornographie et les applications. Le 22 septembre, il a publié une capture de ces pages dans les résultats de recherche. On y voit un détail curieux : le prompt qui a servi à générer le carnet reste consultable sur la page publique. Glenn Gabe pense que ces pages vont disparaître « assez vite » (traduction). Barry Schwartz va dans le même sens (« ça ne durera pas », traduction), tout en regrettant que ce genre d’abus revienne souvent au lancement d’un nouveau produit Google, faute de garde-fous prévus en amont.
Aucune réaction officielle de Google
Google n’a publié aucun commentaire. Plusieurs points restent donc ouverts : le nombre exact de pages concernées, leur présence effective dans les AI Overviews, leurs positions sur des requêtes concurrentielles. La réponse de Google n’est pas connue non plus. Une désindexation manuelle, un noindex appliqué aux carnets partagés ou un filtrage par les systèmes antispam sont envisageables, mais rien n’est annoncé. On en reste à des observations de SEO.
Le parasite SEO, cette fois sur un domaine de Google
Le paradoxe tient au propriétaire du domaine. Les règles antispam de Google visent depuis 2024 l’abus de réputation de site (site reputation abuse), c’est-à-dire la publication de pages tierces sur un site hôte pour profiter de ses signaux de classement. Ici, le site qui prête sa réputation appartient à Google.
Le cas rappelle celui de fin juillet, quand des conversations Claude partagées s’étaient retrouvées indexées par Google et Bing. Dans les deux situations, un outil d’IA générative produit des pages publiques pensées pour le partage, et rien n’empêche les moteurs de les indexer. Sauf qu’il ne s’agit plus de fuites involontaires. L’exploitation est délibérée, et elle se fait sur l’infrastructure de l’éditeur du moteur.
Ce que j’en retiens
Je déconseille de tester la technique. Ces pages tiennent à un réglage que Google peut modifier du jour au lendemain, et elles entrent dans ce que ses propres règles qualifient de spam. Pour une marque, le risque se situe ailleurs : des pages de « codes promo » hébergées sur un domaine Google peuvent se positionner sur des requêtes de marque avec des offres fantaisistes. Une recherche régulière sur « nom de la marque + code promo » suffit à les repérer et, si besoin, à les signaler à Google.
Côté éditeurs d’outils qui génèrent des pages partageables, le constat est le même que pour les conversations Claude : une page de partage devrait être en noindex par défaut. Google n’applique pas encore ce principe à ses propres carnets.
Sources :
- « Gemini Notebook Pages Spamming Google Search », Search Engine Roundtable (Barry Schwartz), 22 septembre 2026
- Message de Charles Floate, X, septembre 2026
- Messages de Gagan Ghotra, X, septembre 2026 et 22 septembre 2026
- Messages de Glenn Gabe, X, 21 et 22 septembre 2026
- « Google’s user-triggered fetchers », Google Search Central (documentation)
Sources
- Gemini Notebook Pages Spamming Google Search, Search Engine Roundtable (Barry Schwartz), 22 septembre 2026 (seroundtable.com)
- Message de Charles Floate, X, septembre 2026 (x.com)
- Message de Gagan Ghotra, X, septembre 2026 (x.com)
- Message de Gagan Ghotra créditant Charles Floate, X, 22 septembre 2026 (x.com)
- Message de Glenn Gabe, X, 21 septembre 2026 (x.com)
- Capture partagée par Glenn Gabe, X, 22 septembre 2026 (x.com)
- Google's user-triggered fetchers, Google Search Central (documentation, mise à jour du 19 août 2026) (developers.google.com)
- Spam policies for Google web search, Google Search Central (developers.google.com)