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Googlebot : 1,17 million de passages déclarés pour 4 pages indexées, Mueller répond

Le propriétaire d'un comparateur de produits affirme sur Bluesky que Googlebot a exploré son site 1,17 million de fois en quelques semaines, pour quatre URL indexées. John Mueller y voit des redirections vers l'accueil et un modèle d'agrégateur difficile à faire accepter.

Publié le 4 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • Le propriétaire de ponito.com dit avoir relevé 1,17 million de passages de Googlebot en quelques semaines.
  • Selon lui, la Search Console ne compte que 4 URL indexées, et la page d’accueil n’en fait pas partie.
  • John Mueller constate que les URL indexées qu’il a ouvertes redirigent toutes vers l’accueil.
  • Il ajoute qu’un grand agrégateur de produits aura du mal à convaincre les moteurs comme les internautes.

Un site très exploré, presque pas indexé

Le 3 octobre 2026, le propriétaire de ponito.com, un site de comparaison de produits, interpelle John Mueller sur Bluesky. D’après son message, accompagné de deux captures d’écran, Googlebot aurait exploré le site 1,17 million de fois au cours des dernières semaines. Google n’indexerait pourtant même pas la page d’accueil, et la Search Console n’afficherait que quatre URL indexées au total. Il demande s’il existe une raison connue à ce décalage.

Search Engine Roundtable, qui a relayé l’échange le 6 octobre, publie la capture du rapport d’indexation des pages : 4 pages indexées sur 180 000. Tous ces chiffres proviennent du propriétaire du site et de ses captures. Google ne les a ni confirmés ni contestés.

Premier diagnostic de Mueller : des redirections vers la page d’accueil

John Mueller répond le 4 octobre en deux messages. Le premier reste sur le terrain technique : « Sans regarder de trop près, j’ai cliqué sur plusieurs des URL indexées de votre site, et elles redirigent toutes vers la page d’accueil. Il semble donc qu’il vous reste de gros problèmes techniques à résoudre » (traduction).

Mueller s’en tient au constat. Il ne dit pas d’où viennent ces redirections, ni si elles suffisent à expliquer le volume d’exploration.

Second diagnostic : un modèle difficile à défendre

Le second message porte sur le fond. Pour Mueller, un grand agrégateur de produits de plus « n’est pas simple à construire ni à bien entretenir » (traduction). Ce type de site produit une masse d’URL, avec un contenu qu’il décrit comme programmatique et généré automatiquement. Sa conclusion : convaincre les moteurs que l’ensemble en vaut la peine, puis les internautes qu’il leur est utile, « sera difficile » (traduction).

Le propriétaire a répliqué dans la nuit du 4 au 5 octobre (heure de Paris), en deux temps. Il décrit d’abord un problème de l’œuf et de la poule : un nouveau site ne peut pas démontrer que les internautes le trouvent utile si Google n’indexe pas ses pages principales, faute de pouvoir mesurer clics et engagement. Il rappelle ensuite que Ponito est déjà un CSS (Comparison Shopping Service, service de comparaison de prix) agréé par Google, et donc examiné au regard des exigences de ce programme. Il reconnaît lui-même que ce programme est indépendant de la recherche organique. À la date de publication, le fil ne contient aucune réponse de Mueller sur ces deux points.

Un écho aux propos de Mueller en septembre sur le SEO programmatique

Pour rappel, Search Engine Roundtable avait relayé le 7 septembre 2026 un autre échange de Mueller sur Bluesky. Face à un projet qui générait des pages en combinant de longues listes d’attributs, il estimait que les systèmes de Google avaient « peut-être perdu confiance » dans la capacité du site à apporter de la valeur (traduction). Il notait aussi qu’il est facile de lancer un site avec beaucoup de pages, et difficile d’en tirer une vraie valeur pour les utilisateurs.

Mueller ne reprend pas ces mots à propos de Ponito. La logique est proche : le nombre d’URL ne plaide pas pour le site, et c’est à l’éditeur de prouver ce que ses pages apportent.

Ce que j’en retiens

Les deux messages appellent des réponses différentes. Le premier se traite vite. Je commencerais par passer une fiche produit et une page catégorie dans l’outil d’inspection d’URL de la Search Console. Si l’URL testée aboutit sur l’accueil, la cause tient souvent à une règle trop large, comme des produits épuisés renvoyés en bloc vers la racine ou une redirection par pays mal bornée. Une redirection massive vers l’accueil risque en outre d’être considérée comme une soft 404. Le rapport Statistiques sur l’exploration, ventilé par réponse, montre de son côté quelle part des requêtes de Googlebot tombe sur des 301 ou des 302.

Le second message est plus dur à entendre pour les éditeurs de comparateurs. Corriger les redirections ne suffira probablement pas. Sur un catalogue de 180 000 pages, Google attend de voir ce qui distingue le site des agrégateurs déjà installés : prix vérifiés, historique, avis, sélection éditoriale. À la place de l’éditeur, j’ouvrirais d’abord à l’indexation un nombre restreint de pages réellement enrichies, en laissant le reste en noindex, plutôt que de pousser tout le catalogue d’un coup. Quant à l’agrément CSS, il relève de Google Shopping. Je ne pense pas qu’il pèse en recherche organique, et le propriétaire le concède lui-même.

Sources

  1. Question de @gchaumont.bsky.social à John Mueller, Bluesky, 3 octobre 2026 (bsky.app)
  2. Réponse de John Mueller (@johnmu.com), premier message, Bluesky, 4 octobre 2026 (bsky.app)
  3. Réponse de John Mueller (@johnmu.com), second message, Bluesky, 4 octobre 2026 (bsky.app)
  4. Google On Large Product Aggregator Websites, Barry Schwartz, Search Engine Roundtable, 6 octobre 2026 (seroundtable.com)
  5. Google Can Lose Faith In Sites Based On Low Value Programmatic SEO, Barry Schwartz, Search Engine Roundtable, 7 septembre 2026 (seroundtable.com)