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SEO technique

Claude : des conversations partagées indexées par Google et Bing

Le 25 juillet 2026, un utilisateur de Reddit a montré qu'une requête site: faisait remonter dans Google des conversations partagées de Claude. Fortune et Decrypt y ont trouvé des données sensibles ; selon Decrypt, Anthropic a depuis ajouté une balise noindex.

Publié le 5 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • Le 25 juillet 2026, un utilisateur de Reddit a montré que la requête « site:claude.ai/share » listait dans Google des conversations Claude partagées.
  • Des Artifacts publiés remontaient aussi avec « site:claude.ai/public/artifacts », selon Decrypt.
  • D’après Decrypt, le robots.txt de claude.ai bloquait l’exploration de ces pages, qui ne portaient pas de balise noindex.
  • Google avait commencé à retirer ces résultats le 26 juillet ; Bing en affichait encore le 27, selon le même média.

Une requête site: a suffi à lister les partages

D’après Decrypt, tout part d’un fil Reddit publié le 25 juillet. Son auteur a tapé « site:claude.ai/share » dans Google et vu remonter un grand nombre de conversations partagées par d’autres utilisateurs. Le fil a atteint 4 000 votes positifs. Fortune situe lui aussi l’origine de l’affaire sur un forum Reddit consacré à Claude, sans avancer de chiffre.

Seules les conversations que leurs auteurs avaient choisi de partager sont en cause. Le bouton de partage de Claude génère une URL publique pour une conversation donnée ; selon Fortune, ce lien n’ouvre pas l’accès au reste du compte. Le problème commence quand l’URL circule. Collée sur un forum, dans un ticket public ou dans un dépôt de code, elle devient un lien comme un autre.

Des données sensibles dans les pages exposées

Fortune décrit des échanges de programmation, des notes de travail, de fausses critiques de livres et des contenus érotiques. Certaines conversations contiendraient des clés de portefeuilles de cryptomonnaies, des noms et des adresses. Decrypt cite de son côté la phrase de récupération d’un portefeuille crypto, des numéros de sécurité sociale américains apparents et un avocat qui se demandait s’il devait signaler lui-même un manquement déontologique. Parmi les Artifacts, le média a relevé des tableaux de paie avec le nom des salariés, des exports de discussions internes tirés d’un CRM et des feuilles de route produit non publiées.

Un dépôt GitHub baptisé Shared-Claude-Chats aurait déjà archivé en texte brut 453 conversations Claude et 519 conversations Grok, soit 11 241 messages au total, toujours selon Decrypt.

Robots.txt sans noindex lisible : un scénario connu

L’explication avancée par Decrypt parlera à tous les SEO. Le robots.txt de claude.ai interdisait bien l’exploration des URL de partage, mais les pages ne portaient pas de balise noindex. Google connaissait donc ces URL par les liens publiés ailleurs, sans pouvoir lire leur contenu. Résultat : des résultats accompagnés de la mention « No information is available for this page » (aucune information n’est disponible pour cette page).

Pour rappel, la documentation de Google sur le noindex traite ce cas précis : quand une page est bloquée par le robots.txt, le robot « ne verra jamais la règle noindex » (traduction), et la page peut quand même apparaître dans les résultats si d’autres pages renvoient vers elle. Pour qu’un noindex soit pris en compte, la page doit rester explorable et le servir en balise meta robots ou dans l’en-tête HTTP X-Robots-Tag. Une directive noindex écrite dans le robots.txt n’est pas prise en charge par Google.

Anthropic : ni sitemap ni annuaire transmis aux moteurs

Dans une déclaration transmise à Fortune, Anthropic affirme laisser aux utilisateurs « le contrôle du partage public de leurs conversations Claude » et assure ne fournir « ni répertoires de conversations ni sitemaps aux moteurs de recherche comme Google » (traduction). Selon l’entreprise, ces liens « ne peuvent être ni devinés ni découverts » tant que les personnes ne les diffusent pas elles-mêmes. Une fois partagé, un contenu devient public et « peut être archivé par des services tiers » (traduction).

Decrypt indique qu’Anthropic a modifié sa configuration et ajouté des balises noindex, et que Google avait commencé à retirer les résultats le 26 juillet. Fortune se contente de constater que la méthode partagée sur Reddit ne fait plus remonter les liens dans Google. Bing, lui, affichait encore des conversations partagées à la publication de l’article de Decrypt. Quant aux liens déjà créés, ils restent accessibles à quiconque les détient, note Fortune.

Précédents : ChatGPT, Grok et Claude lui-même

L’épisode n’est pas inédit. Fortune rappelle que, selon Forbes, Anthropic avait déjà connu le même type de problème l’an dernier. Le média cite aussi un incident presque identique qui avait exposé près de 100 000 conversations ChatGPT dans Google, et indique que Grok, le chatbot de xAI, a lui aussi été touché par le passé.

Chez OpenAI, une case « Make this chat discoverable » (rendre cette conversation découvrable) envoyait les échanges vers Google, Bing et DuckDuckGo. Dane Stuckey, directeur de la sécurité des systèmes d’information d’OpenAI, l’avait retirée en la qualifiant d’« expérience de courte durée » (traduction), rapporte Decrypt. Une partie de ces conversations reste consultable sur l’Internet Archive.

Révoquer un partage et le faire sortir des résultats

Côté utilisateur, Decrypt indique que les liens se révoquent dans les réglages de Claude, rubrique Confidentialité, puis Conversations partagées (Settings, Privacy, Shared Chats dans l’interface en anglais). La révocation coupe l’accès futur, mais n’efface pas les copies déjà enregistrées ailleurs. Une fois le contenu retiré de la page, l’aide de la Search Console oriente vers l’outil de mise à jour de contenu obsolète, utilisable sans être propriétaire du site. Bing dispose de son propre outil de suppression de contenu.

Pour un site que l’on gère, l’outil Suppressions de la Search Console ne masque une URL que six mois environ. Une sortie durable passe par un code 404 ou 410, une protection par mot de passe ou un noindex, que Google présente comme la moins sûre de ces options. La même page précise que le robots.txt ne doit pas servir de mécanisme de blocage.

Ce que j’en retiens

Je n’y vois pas un bug de moteur, mais une erreur de configuration qu’on croise sur des sites de toutes tailles. Une page publique, accessible sans connexion, peut entrer dans l’index dès qu’un lien pointe vers elle, sitemap ou pas. La bloquer dans le robots.txt n’arrange rien : Google ne voit plus le noindex. Le robots.txt gère l’exploration (voir aussi les règles propres à Googlebot), pas l’indexation.

Si votre site génère des URL de partage, des aperçus de devis, des espaces client ou des pages de prévisualisation, vérifiez qu’elles renvoient un noindex lisible par Googlebot, ou mieux, qu’elles exigent une connexion. Une requête site: sur leur répertoire, puis l’inspection d’URL dans la Search Console, suffisent à contrôler le résultat. Le test prend quelques minutes et mérite d’être refait après chaque refonte.

Sources

  1. A trove of users' seemingly private conversations with Anthropic's Claude AI chatbot showed up in Google search results, Fortune (Beatrice Nolan), 27 juillet 2026 (fortune.com)
  2. Your Shared Claude Chats Were Being Quietly Published on Google, Decrypt (Jose Antonio Lanz), 27 juillet 2026 (decrypt.co)
  3. Block Search indexing with noindex, Google Search Central (developers.google.com)
  4. Suppressions et outil de création de rapports SafeSearch, aide sur la Search Console, Google (support.google.com)