Microsoft Clarity compare le crawl des robots IA aux visites qu’ils renvoient
Microsoft Clarity ajoute à Bot Analytics une carte « AI Scrape-to-Referral Ratio », annoncée le 13 août 2026. Elle met en regard le crawl de chaque opérateur IA et les visites qu'il renvoie, avec un accès direct aux sessions concernées.
Microsoft a annoncé le 13 août 2026, sur le blog de Clarity, une nouvelle carte baptisée « AI Scrape-to-Referral Ratio ». Intégrée au rapport Bot Analytics de l’AI Visibility Dashboard, elle met en regard ce que les robots IA prélèvent sur un site et les visites que leurs plateformes lui renvoient.
L’essentiel
- La carte rapproche, dans un même ratio, le crawl des robots IA et le trafic référent issu des mêmes plateformes.
- Un classement des opérateurs IA distingue ceux qui renvoient des visites de ceux qui crawlent beaucoup pour peu de retour.
- Le ratio n’est calculé que sur les domaines correctement associés entre les sources de données.
- Un clic sur une source ouvre les enregistrements de session filtrés sur ce trafic IA.
Bot Analytics : le crawl IA mis face aux visites
Le billet, signé « Clarity Staff », s’ouvre sur ce constat : « les assistants IA deviennent une nouvelle porte d’entrée sur le web » (traduction). Microsoft ne s’arrête plus au nombre de passages d’un robot sur les pages. Il cherche à savoir si ces passages débouchent sur des visites réelles, puis sur un comportement engagé.
La carte affiche un retour global, suivi de la liste classée des opérateurs IA référents. Le billet ne détaille pas la formule et ne nomme aucun opérateur. D’après PPC Land, le ratio divise les requêtes de robots relevées dans Bot Analytics par les sessions humaines arrivées par référent. La capture d’écran qui accompagne l’annonce affiche 6 000 pour 1, pour 41 visites référentes. PPC Land y voit une illustration du produit, pas une valeur de référence mesurée sur un panel de sites.
Deux sources de données : le CDN d’un côté, le tag Clarity de l’autre
Les deux termes du ratio ne viennent pas du même endroit. Pour rappel, la détection des violations du robots.txt, lancée par Clarity le 23 juin 2026, demande de connecter un CDN pris en charge (Fastly, Amazon CloudFront ou Cloudflare) dans la section AI Visibility des paramètres du projet. C’est de là que proviennent les requêtes des robots, selon PPC Land, tandis que les visites sont mesurées par le tag JavaScript de Clarity. Le même média indique que les sites WordPress sont couverts automatiquement par la dernière version de l’extension Clarity. Sans l’un ou l’autre, la partie crawl du ratio n’a pas de données à exploiter.
Un calcul limité aux domaines correctement associés
Microsoft précise que « les ratios sont calculés uniquement sur les domaines correctement associés » (traduction). Le but affiché est d’éviter des agrégats trompeurs quand la couverture du CDN et celle de Clarity ne se recoupent pas totalement. Si les données de robots et celles de trafic ne portent pas sur les mêmes domaines, l’outil indique comment cet écart pèse sur le ratio.
Le mode d’emploi tient en six étapes : ouvrir Bot Analytics, lire la carte, vérifier que les domaines associés concordent entre les sources, choisir une source référente, regarder les enregistrements filtrés, puis comparer les sources IA entre elles. Aucun calendrier de déploiement n’est donné, et le billet ne dit rien d’une éventuelle restriction géographique ou tarifaire.
Des enregistrements de session filtrés par source IA
La carte mène directement à l’onglet Recordings, avec un filtre déjà posé sur la source IA choisie. Microsoft invite à y contrôler l’attribution et à juger la qualité des visites : défilement, engagement, actions concrètes comme un achat, une inscription ou un formulaire envoyé, ou au contraire départ rapide. Le ratio ne reste donc pas un simple compteur. Il s’accompagne d’une lecture des sessions.
Cette carte complète les outils IA de Clarity, après la détection des violations du robots.txt en juin et la séparation des requêtes IA de marque et hors marque annoncée début août.
Ce que j’en retiens
Le choix de bloquer ou d’autoriser un crawler IA se faisait jusqu’ici surtout par principe. Avec cette carte, on obtient un chiffre par opérateur, mesuré sur son propre domaine. De quoi décider site par site au lieu de recopier une liste de blocage générique. Microsoft ne fixe aucun seuil acceptable, et c’est cohérent : un média et un site e-commerce n’attendent pas le même retour d’un robot qui lit leurs pages.
Je lirais toutefois ce ratio avec deux réserves. Le dénominateur est probablement sous-estimé, car une partie des visites venues d’assistants IA arrive sans référent et se range en trafic direct. Et un même opérateur fait tourner plusieurs robots (entraînement, recherche, récupération à la demande) : bloquer le mauvais peut faire disparaître le site de ses réponses. Avant de modifier le robots.txt, vérifiez que vos domaines sont bien associés dans Clarity, puis confrontez le ratio aux sessions réellement enregistrées.