GSC Full Render : un bookmarklet pour voir la page entière rendue par Google
Le consultant SEO Natzir Turrado a publié le 30 septembre 2026 GSC Full Render, un bookmarklet gratuit qui reconstitue la page entière dans l'onglet Capture d'écran de l'inspection d'URL de la Search Console. Il liste aussi les liens de la page, avec des filtres et un export CSV.
L’essentiel
- GSC Full Render est un bookmarklet gratuit, dont le code est publié sur GitHub par Natzir Turrado.
- Il reconstruit la page complète à partir du HTML rendu par Google, alors que la capture native s’arrête vers 1 750 px de haut.
- Il fonctionne sur la page testée en direct comme sur la page explorée, qui n’a pas de capture.
- Un panneau « Links » liste tous les liens, avec des filtres et un export CSV.
Inspection d’URL : une capture limitée à environ 1 750 pixels
Pour rappel, le test en direct de l’outil d’inspection d’URL affiche une capture d’écran de la page rendue. D’après le README du projet, cette capture s’arrête à environ 1 750 px de hauteur. La vue de la page explorée, celle de la version indexée, n’en fournit aucune : seul le code HTML y est consultable. Sur une page longue, tout ce qui se trouve sous cette limite (bas de page, contenus ajoutés par JavaScript, sections d’avis ou de questions) n’est donc jamais contrôlé visuellement.
Abondance, qui a relayé l’outil le jour même, rappelle que cette capture reste la seule vérification visuelle proposée par Google depuis le retrait de « Explorer comme Google » en 2019. Le média cite aussi un précédent : en 2020, Natzir Turrado avait mis en ligne un notebook Google Colab qui simulait Googlebot avec Puppeteer. Ce type d’outil recharge la page avec ses propres délais et peut donc s’écarter de ce que Google a réellement obtenu.
Le principe : reconstruire la page à partir du HTML déjà rendu
GSC Full Render ne recharge pas la page. Il reprend le HTML rendu que la Search Console affiche déjà dans son onglet HTML et s’en sert pour reconstituer la page dans l’onglet Capture d’écran. Images, feuilles de style et polices sont chargées par le navigateur de l’utilisateur, sans les délais imposés par le test en direct.
Les ressources que Google n’a certainement pas pu charger sont écartées et signalées par un contour orange à leur emplacement : fichiers bloqués par le robots.txt, erreurs HTTP (404, 5xx), images en chargement différé dont le script ne s’est jamais exécuté. Un compteur « not loaded » (non chargées) les liste avec la raison de chaque exclusion. À l’inverse, les ressources classées « Autre erreur » restent affichées, puisque la Search Console n’en donne pas la cause. Pour l’auteur, cité par Abondance, il s’agit souvent de la limite de temps du test, et Google laisserait bien plus de temps aux ressources lors de l’indexation. C’est son analyse, pas une donnée publiée par Google.
Liens : un inventaire filtrable et exportable en CSV
Le bouton « Links » ouvre la liste des liens présents dans le HTML rendu. On peut les filtrer selon la destination (interne ou externe), l’attribut rel (follow, nofollow, ugc, sponsored) et l’explorabilité, avec le motif en cas d’échec : lien en javascript:, href vide, onclick. D’autres filtres portent sur l’état au chargement (visible, dans un carrousel, replié, invisible ou masqué) et sur les particularités d’URL : paramètres, fragments, http, majuscules, espaces ou caractères non ASCII, longueur supérieure à 115 caractères, chemins relatifs. Un clic sur une ligne mène au lien dans la page. L’export CSV compte une colonne par critère.
Selon Abondance, Natzir Turrado s’en sert surtout pour retrouver la page et le lien à l’origine d’URL étranges dans le rapport Pages, et pour vérifier en audit qu’un lien figure bien dans le HTML rendu sous une forme explorable.
Installation : un bouton à glisser dans la barre de favoris
- Récupérer le fichier
install.htmldans le dossierdistdu dépôt GitHub et l’ouvrir dans le navigateur. - Glisser le bouton « GSC Full Render » dans la barre de favoris (dans Chrome, Ctrl+Maj+B l’affiche si elle est masquée).
- Dans l’inspection d’URL, ouvrir « Afficher la page testée » ou « Afficher la page explorée », puis cliquer sur le favori. Un second clic désactive l’affichage.
- Le bouton ⤢ agrandit la vue, le bouton « Links » ouvre l’inventaire des liens.
Le bookmarklet s’exécute avec votre session Search Console. Le README précise que tout se passe dans le navigateur, que rien n’est transmis ailleurs et que les seules requêtes émises visent les images, styles et polices du site inspecté, sans referrer. Abondance indique avoir relu le code de la version du 30 septembre et confirme ces points ; la page y est affichée dans un cadre isolé où ses propres scripts ne peuvent pas tourner. Le projet se déclare non affilié à Google.
Les limites signalées par l’auteur
Les scripts de la page ne s’exécutent pas, si bien qu’un contenu qui n’apparaît qu’au défilement peut rester absent. Les codes HTTP et les redirections des liens ne sont pas vérifiés. Et comme les ressources sont chargées au moment de la consultation, le rendu peut différer si le serveur sert autre chose à Googlebot. Abondance relève un dernier cas : une police hébergée sans en-têtes CORS peut s’afficher dans une police de remplacement. On obtient donc une mise en page probable, reconstituée, et non une capture produite par Google.
Ce que j’en retiens
L’image de la page m’intéresse moins que l’inventaire des liens tiré du HTML rendu. Vérifier qu’un lien de pied de page, de méga-menu ou d’un bloc chargé en JavaScript existe bien après rendu, avec un href exploitable, obligeait jusqu’ici à fouiller l’onglet HTML à la main. Je testerais l’outil sur un modèle de chaque type (fiche produit, catégorie, article long), puis je comparerais la liste des ressources non chargées avec le robots.txt du site.
Deux précautions quand même. La mise en page affichée repose sur les CSS et les images d’aujourd’hui, pas sur celles de l’exploration : elle ne prouve pas ce que Google a « vu ». Et un bookmarklet qui tourne dans une session Search Console mérite qu’on lise son code, ou qu’on s’en tienne à une version déjà relue, avant de l’utiliser sur un compte qui ouvre l’accès à des propriétés de clients.