AI Overviews en France : Wikipédia plus cité que la presse ACPM, selon The Black Room
Le collectif SEO The Black Room a relevé 25 000 requêtes sur Google France le 9 août 2026. Wikipédia y capterait 14 % des citations des AI Overviews, contre 13 % pour l'ensemble des titres de presse ACPM, et Gala serait le titre de presse le plus cité.
Le Blog du Modérateur a relayé le 25 août 2026 une étude du collectif The Black Room sur la place des médias français dans les AI Overviews de Google. D’après ce relevé du 9 août, Wikipédia en français recueillerait plus de citations que tous les titres adhérents à l’ACPM réunis. Les auteurs sont quatre consultants SEO, qui vendent par ailleurs des audits de visibilité dans les réponses génératives.
L’essentiel
- 25 000 requêtes relevées le 9 août 2026 sur Google France, en mobile et sans personnalisation.
- Un AI Overview s’affiche sur 55 % d’entre elles, et 22 % aboutissent à la citation d’un titre de presse ACPM.
- Wikipédia en français pèserait 14 % des citations, la presse ACPM 13 %.
- Gala arriverait en tête de la presse, avec 18 % des citations de presse française.
Le corpus : 25 000 requêtes, surtout d’actualité et de longue traîne
Le collectif a retenu 25 000 requêtes dans un vivier de 197 920, puis les a relevées le 9 août 2026 sur la SERP française. Un échantillon de contrôle de 3 000 requêtes donne les mêmes valeurs, à moins d’un point près. Les requêtes portent sur l’actualité ou sur des entités (personnes, partis, organisations) et 93 % d’entre elles sont de longue traîne. Pour repérer la presse, les domaines cités ont été rapprochés des 233 titres du référentiel ACPM. 206 apparaissent au moins une fois.
Sur l’ensemble, 55 % des requêtes affichent un AI Overview. Quand la synthèse est présente, elle cite au moins un titre ACPM dans 40 % des cas, d’où le chiffre de 22 % de toutes les requêtes. Le type de recherche change beaucoup la donne : 21 % de déclenchement sur une actualité déjà retombée, 60 % sur les entités, 65 % sur les partis politiques. Ces derniers ne renvoient pourtant vers la presse que dans 23 % des synthèses. Le volume joue en sens inverse. Au-dessus de 50 000 recherches mensuelles, l’AI Overview n’apparaît que sur 8,4 % des requêtes, contre 58 % sous les 5 000.
Classement : Wikipédia devant la presse ACPM, Gala premier titre
Les synthèses relevées citent 9 437 domaines différents. Wikipédia en français arrive premier avec 14 % des citations, juste devant les titres ACPM additionnés (13 %). Tout dépend du périmètre retenu, car en élargissant aux 446 domaines de médias français identifiés, ACPM ou non, la part de la presse grimpe à 20 % et dépasse celle de Wikipédia.
Côté titres, la presse people et féminine domine. Gala, Voici, Paris Match, Ouest-France, Elle et Closer occupent les six premières places. Le Parisien, premier quotidien national du classement, n’est que 7e, devant Le Figaro, 20 Minutes et Foot Mercato. Avec 2,3 % de l’ensemble des citations, Gala se hisse aussi au 7e rang tous domaines confondus. Dans une note, le Blog du Modérateur signale que Programme-TV et Programme-Television sont eux aussi adhérents, selon l’ACPM, et devraient donc figurer respectivement aux 2e et 14e places.
Le Monde et Radio France : bien classés, presque jamais cités
L’étude isole quinze titres ACPM. Sur des pages qui affichent un AI Overview, ils cumulent 8 532 positions Google, dont 1 519 dans le top 3, et ne sont cités que six fois au total. Neuf d’entre eux ne le sont jamais. Radio France totalise 1 824 positions sans une seule citation, Le Monde 1 683 positions pour deux citations. Ramené aux positions, le taux de citation de ces quinze titres tombe à 0,07 %, contre 27 % pour 35 autres titres ACPM comparables. « Ce n’est pas un déficit de performance, c’est une absence », résument les auteurs.
Six pistes techniques ont été examinées puis écartées, parmi lesquelles le blocage des robots d’entraînement. Reste celle du réglage « IA générative dans la Recherche » de la Search Console, qui permettrait de sortir un site des AI Overviews sans toucher à son classement organique. Les auteurs la jugent « fortement étayée mais non prouvée » : ce paramètre ne se voit pas depuis l’extérieur.
Pour rappel, Google avait adressé un courrier aux éditeurs le 29 juin pour leur permettre de décider s’ils figuraient ou non dans ses résultats générés par IA. Jugeant cette offre insuffisante, la presse française a depuis saisi l’Autorité de la concurrence, rappelle le Blog du Modérateur.
Limites : un relevé unique sur un corpus ciblé
Les auteurs préviennent eux-mêmes que leurs taux ne s’appliquent pas à toutes les recherches faites sur Google France, puisque le corpus privilégie l’actualité et les entités en longue traîne. Il s’agit aussi d’une photographie prise un seul jour : sans mesure répétée, impossible de parler de tendance. Le référentiel ACPM, enfin, ne couvre que les titres qui y adhèrent volontairement. Une partie de la presse lui échappe donc. À ces réserves s’ajoute le profil des auteurs, qui commercialisent des audits sur ce sujet. Aucun contrôle indépendant de la méthode n’est mentionné à ce stade.
Ce que j’en retiens
Le chiffre sur Wikipédia va circuler, mais le plus instructif est ailleurs : un média présent dans le top 3 peut être quasiment absent de la synthèse affichée au-dessus. La position organique ne suffit plus à décrire la visibilité réelle d’une page sur ce type de requêtes. Le poids de Wikipédia et des titres people sur les requêtes d’entités laisse penser que Google privilégie des pages de référence ou des fiches très ciblées sur une personne. C’est une hypothèse de lecture, pas un constat de l’étude.
Pour un éditeur, la vérification à faire tout de suite est dans la Search Console : regarder l’état du réglage lié à l’IA générative, et retrouver qui l’a activé et à quelle date. Se retirer des AI Overviews peut se défendre pendant une procédure devant l’Autorité de la concurrence. Je mesurerais quand même l’effet sur ses propres requêtes avant de laisser le paramètre en place.