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Données structurées

Extraits d’avis : Google interdit les faux avis et les avis incités non signalés

Le 24 juillet 2026, Google a ajouté une consigne à sa documentation sur les extraits d'avis : pas de faux avis, ni d'avis obtenus contre une contrepartie non signalée, sur la page comme dans le balisage. Un site en infraction s'expose à une action manuelle.

Publié le 5 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • Le 24 juillet 2026, Google ajoute aux consignes des extraits d’avis une règle sur les faux avis et les avis incités non signalés.
  • La règle vise le contenu visible de la page comme le balisage Review et AggregateRating.
  • Un site en infraction s’expose à une action manuelle, levée après correction et demande de réexamen.
  • En France, les faux avis sont une pratique commerciale trompeuse depuis le 28 mai 2022, date d’entrée en vigueur de la transposition de la directive Omnibus.

Une consigne ajoutée à la documentation des extraits d’avis

L’entrée du 24 juillet dans le journal des mises à jour de Search Central tient en deux lignes. Google y signale une nouvelle consigne « au sujet des faux avis et des avis incités non signalés » (traduction), ajoutée pour rendre les avis d’utilisateurs plus transparents.

La règle elle-même se trouve dans la documentation des extraits d’avis (review snippet). Google y demande de ne pas inclure « de faux avis ni des avis incités non signalés, que ce soit sur la page ou dans le balisage de données structurées » (traduction). Deux exemples suivent. Le premier : les avis qui ne reposent pas sur une expérience réelle du produit ou du service. Le second : les avis rédigés en échange d’un avantage (argent, réductions, bons d’achat, produits offerts) quand cette contrepartie n’est pas indiquée clairement et de façon bien visible.

L’avis incité n’est donc pas proscrit en soi. Ce que Google vise, c’est l’avis obtenu contre une contrepartie et présenté comme spontané. Un programme de test produit ou une remise contre un avis restent possibles, à condition que l’internaute voie la contrepartie.

Action manuelle : une sanction déjà prévue par les consignes

La menace ne date pas de cette règle. L’introduction des consignes de la page prévoit déjà que Google peut prendre une action manuelle contre un site qui enfreint l’une d’elles, et que le site peut demander un réexamen une fois le problème corrigé. La section de dépannage précise qu’en cas d’action manuelle visant les données structurées, le balisage de la page est ignoré. En pratique, les étoiles disparaissent des résultats. La documentation ne dit rien d’un effet sur le classement.

Pour rappel, la même page posait déjà d’autres limites. Une entité qui contrôle les avis publiés à son sujet n’a pas droit aux étoiles avec un balisage LocalBusiness ou Organization. Les notes doivent provenir directement des utilisateurs. Et Google demande de ne pas agréger dans son balisage des avis ou des notes venus d’autres sites.

Faux avis : le droit français sanctionne déjà

Google s’aligne ici sur ce que le droit de la consommation impose déjà. La directive (UE) 2019/2161, dite Omnibus, a été transposée en France par l’ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021, entrée en vigueur le 28 mai 2022. L’article L. 121-4 du Code de la consommation compte depuis parmi les pratiques commerciales trompeuses deux comportements. Le premier consiste à affirmer que des avis viennent de consommateurs qui ont réellement acheté ou utilisé le produit sans avoir pris de mesures pour le vérifier. Le second, à diffuser ou faire diffuser par un tiers de faux avis, ou à modifier des avis pour mettre un produit en valeur.

Ces pratiques tombent sous le coup de l’article L. 132-2 : dans le cas général, deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, montant qui peut être porté à 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen. Sur la question des contreparties, le droit français n’a pas attendu Omnibus. Les articles D. 111-17 à D. 111-19, issus du décret n° 2017-1436 du 29 septembre 2017 pris en application de la loi pour une République numérique, obligent depuis le 1er janvier 2018 les sites qui collectent ou diffusent des avis à indiquer s’il existe une contrepartie au dépôt d’un avis. Côté contrôle, la DGCCRF a mis en service en 2023 un outil de détection des avis suspects, Polygraphe. Selon un récapitulatif publié en mai 2026 par l’avocat Etienne Bucher, elle a aussi infligé en décembre 2023 une amende administrative de 38 000 € à une société dont l’information sur le traitement des avis était incomplète.

Les deux logiques se rejoignent : un avis doit refléter une expérience réelle, et la contrepartie doit se voir. Les conséquences, elles, diffèrent. Le juge et la DGCCRF sanctionnent l’entreprise. Google, lui, retire de la visibilité.

Ce que j’en retiens

Je ne m’attends pas à une vague d’actions manuelles. Google a peu de moyens de démontrer qu’un avis balisé est faux, et la règle servira surtout pour les cas flagrants ou signalés. Le risque juridique pèse d’ailleurs bien plus lourd que la perte des étoiles. La consigne reste une bonne occasion d’auditer le balisage d’avis, à commencer par les fiches produits des sites e-commerce. Voici ce que je vérifierais :

  • chaque avis du balisage Review correspond à un avis visible sur la page, laissé par un client réel ;
  • les avis obtenus contre un produit offert, une réduction ou une participation à un tirage au sort portent une mention visible à côté du texte, et pas seulement dans les conditions générales ;
  • la note et le nombre d’avis de l’AggregateRating sont calculés à partir des avis de la page, sans import depuis d’autres sites ;
  • le JSON-LD injecté par une solution tierce de collecte d’avis respecte ces trois points, ce qui suppose de lire le code source de la page plutôt que l’interface du prestataire.

Dans la Search Console, deux rapports sont à surveiller ces prochaines semaines : Actions manuelles et Extraits d’avis. Si les étoiles disparaissent sans message dans le premier, il faut chercher la cause ailleurs, du côté des erreurs de balisage ou de l’éligibilité de la page.

Sources

  1. Latest Google Search documentation updates (entrée « Added a new review snippet guideline », 24 juillet 2026), Google Search Central (developers.google.com)
  2. Review snippet (Review, AggregateRating) structured data, Google Search Central, documentation (developers.google.com)
  3. Faux avis en ligne : état du droit et des risques en 2026, Me Etienne Bucher, consultation.avocat.fr, 13 mai 2026 (consultation.avocat.fr)
  4. Avis en ligne des consommateurs : plus d'encadrement, Eurojuris, 14 juin 2018 (eurojuris.fr)