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SEO technique

Mots-clés dans l’URL : « un signal incroyablement faible », selon Gary Illyes

Google a publié le 14 octobre 2026 le premier épisode de « The Non-Canonical Cabinet », une série YouTube Search Central présentée par Gary Illyes et Cherry Prommawin. Les mots-clés dans l'URL y sont qualifiés de signal minime, et le tiret reste préféré à l'underscore.

Publié le 5 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • Gary Illyes qualifie les mots-clés dans l’URL de « signal incroyablement faible » (traduction).
  • Google lit des mots reliés par un underscore comme un seul mot et recommande le tiret.
  • Un nom de domaine ne peut pas contenir d’emoji, mais Googlebot explore les chemins qui en contiennent.
  • Les domaines internationalisés passent par le Punycode, d’où le préfixe « xn-- ».

The Non-Canonical Cabinet : une série pour les questions techniques à la marge

Google a lancé sur sa chaîne YouTube Search Central une série baptisée The Non-Canonical Cabinet, dont le nom joue sur la notion d’URL canonique. Elle traite des cas limites du SEO technique, à partir de questions venues des propriétaires de sites et du milieu SEO. La bande-annonce a été mise en ligne le 6 octobre 2026 et Google invite les spectateurs à proposer leurs propres questions en commentaire. Le premier épisode a suivi le 14 octobre, sous le titre « What can you actually put in a URL? » (ce qu’on peut vraiment mettre dans une URL). Il est présenté par Gary Illyes et Cherry Prommawin.

Aucun calendrier n’a été annoncé. Huit jours séparent la bande-annonce du premier épisode. D’après Search Engine Journal, le suivant portera sur le fichier robots.txt.

Mots-clés dans l’URL : un signal qui ne sert qu’en l’absence de tout le reste

Gary Illyes parle d’un signal « incroyablement faible » (traduction). Selon le compte rendu de Search Engine Journal, il ne joue que lorsque Google n’a absolument rien d’autre sur quoi s’appuyer, par exemple pour un site tout juste créé et encore sans contenu. Dès que Google voit du contenu, les mots présents dans le domaine et dans le chemin deviennent quasiment sans effet. Search Engine Roundtable ajoute que Google sait détecter les abus dans les URL, et le récapitulatif de l’épisode demande d’arrêter d’y entasser des mots-clés.

Le discours n’a pas changé. Pour rappel, John Mueller parlait déjà d’un « très petit facteur de classement » en 2016, puis d’un facteur « très, très léger » en 2021 (traductions).

Tiret ou underscore : Google maintient sa recommandation

Dans un chemin d’URL, des mots séparés par des underscores sont lus comme un seul long mot. Gary Illyes nuance aussitôt : Google peut malgré tout parvenir à exploiter ces mots. La recommandation officielle reste le tiret. La documentation sur la structure des URL invoque des « raisons historiques » (traduction) : l’underscore sert déjà à relier des notions qui doivent rester groupées, comme les noms de fonctions en programmation (format_date).

Emojis et Punycode : le domaine est strict, le chemin plus souple

Pour le nom de domaine, les règles viennent des RFC 1035 et 1123 de l’IETF : des lettres, des chiffres et des tirets. Cherry Prommawin indique que Google suit ces mêmes standards. Un domaine composé d’emojis n’est donc pas possible. Search Engine Journal cite à l’appui une résolution du conseil d’administration de l’ICANN de 2017, qui précise toutefois que certaines extensions nationales acceptent encore ces enregistrements au second niveau.

Le chemin de l’URL est plus tolérant. Googlebot explore une adresse qui contient un emoji, et Gary Illyes affirme que « notre système va effectivement la traiter » (traduction). Le navigateur encode le caractère en pourcentage : l’emoji de poulet utilisé dans l’épisode devient %F0%9F%90%94. Toujours selon Gary Illyes, certains navigateurs et applications sociales n’affichent pas l’emoji et montrent à la place une suite de caractères incompréhensible.

Les domaines internationalisés (IDN) permettent d’utiliser d’autres alphabets que le latin. Ils sont convertis en Punycode, une chaîne qui commence par « xn-- », ce qui n’a rien d’une faute de frappe. Gary Illyes signale au passage que certains alphabets contiennent des caractères presque identiques à ceux d’autres langues : une lettre cyrillique ressemble de très près au « p » latin.

Accents dans les URL et domaines accentués en .fr

L’épisode ne parle pas du français, mais la documentation de Google couvre le cas des caractères accentués. Elle demande d’encoder en pourcentage les caractères hors ASCII dans les liens et prend un exemple allemand : gemüse devient gem%C3%BCse. Un chemin « /référencement/ » s’écrira donc /r%C3%A9f%C3%A9rencement/. La même page conseille de mettre dans l’URL des mots de la langue du public, ou leur translittération le cas échéant. Elle n’impose ni la forme accentuée ni la forme sans accent.

Point de vigilance : « référencement » et « referencement » donnent deux URL distinctes. Un site qui produit les deux formes (liens internes saisis à la main, CMS qui translittère, anciens liens externes) crée des doublons que Google devra regrouper. Côté domaine, le .fr accepte les caractères accentués du français. Un domaine comme café.fr existe techniquement sous la forme xn--caf-dma.fr, et c’est cette forme qui apparaît dans certains outils, journaux serveur ou e-mails.

Ce que j’en retiens

Je ne vois là aucune raison de renommer des URL existantes, ni pour y glisser un mot-clé, ni pour remplacer des underscores par des tirets. Changer d’URL, c’est poser des redirections, attendre un nouveau crawl et accepter une période d’instabilité, le tout pour un signal que Google lui-même juge incroyablement faible. Pour un nouveau site ou une nouvelle rubrique, je pars sur des chemins courts, en minuscules, avec des tirets et sans accents. Ils restent lisibles une fois collés dans un e-mail ou sur un réseau social.

Un domaine accentué en .fr, je le réserverais plutôt comme domaine secondaire redirigé vers la version sans accent. Sur un site existant, un contrôle simple à faire dans la Search Console : repérer, dans le rapport d’indexation des pages, des variantes avec et sans accent d’une même URL. Elles signalent des liens générés de façon incohérente.

Sources

  1. What can you actually put in a URL? (The Non-Canonical Cabinet, épisode 1), Google Search Central sur YouTube, 14 octobre 2026 (youtube.com)
  2. Google Launches A Video Series For Odd Technical SEO Questions, Search Engine Journal (Matt G. Southern), 14 octobre 2026 (searchenginejournal.com)
  3. Google Search On URLs: Ranking Factor, Hyphens vs Underscores & Emojis, Search Engine Roundtable (Barry Schwartz), 14 octobre 2026 (seroundtable.com)
  4. URL structure best practices for Google Search, Google Search Central (documentation) (developers.google.com)