ChatGPT : un index de recherche maison baptisé « Labrador », selon Peec AI
Selon une analyse de Tomek Rudzki publiée le 4 septembre 2026 par Peec AI, ChatGPT interrogerait un index de recherche maison, nommé « Labrador » en interne, en plus de prestataires externes. L'article ne cite aucune confirmation d'OpenAI.
Peec AI, éditeur d’un outil qui mesure la visibilité des marques dans les assistants IA, a publié le 4 septembre 2026 une analyse de Tomek Rudzki selon laquelle ChatGPT interroge un index de recherche construit par OpenAI. Son nom interne serait « Labrador ». L’auteur s’appuie sur des données techniques relevées dans l’interface de ChatGPT et sur des indices publics, sans déclaration d’OpenAI à l’appui.
L’essentiel
- Du 21 mai au 21 juillet 2026, un champ « result_source » apparaissait dans les événements serveur de ChatGPT.
- Ce champ ne prenait que quatre valeurs : Labrador, Bright, Oxylabs et SERP.
- À la mi-août, un test nommé « prefer-index-over-serp-v3 » concernait 8 % des conversations, selon Peec AI.
- L’article ne cite aucune confirmation d’OpenAI.
Un champ « result_source » à quatre valeurs
Tomek Rudzki a examiné les server-sent events de ChatGPT, le flux qui transporte la réponse jusqu’au navigateur. Pendant deux mois, du 21 mai au 21 juillet 2026, les résultats de recherche y portaient un champ « result_source » limité à quatre valeurs. Peec AI voit dans la première, Labrador, l’index d’OpenAI. Les trois autres désigneraient des prestataires externes qui collectent des résultats de moteurs : Oxylabs, SERP et Bright. Ce dernier serait « très probablement Bright Data » (traduction), qui récupérerait les résultats web de Google et, séparément, les fiches locales de Google Maps.
Aucune répartition entre ces quatre sources n’est publiée. Le volume de conversations ou d’événements analysés n’est pas indiqué non plus.
Labrador serait découpé en verticales
Peec AI décrit moins un index qu’une famille de sous-index : web général, PDF, YouTube, actualités, arXiv, Wikipédia, local, finance (avec un index de PDF distinct), juridique, médical, shopping et images. Les actualités seraient réparties en trois niveaux de fraîcheur : le dernier jour, les sept derniers jours, puis tout ce qui est plus ancien.
L’index conserverait le contenu intégral des pages, avec leur date d’exploration et leur date de publication. Ces libellés sont tirés de noms techniques internes, et l’auteur ne les comprend pas tous. Rien ne confirme par exemple que « hqi », relevé dans le nom de deux tests shopping, signifie « high quality index ».
Un test A/B, des offres d’emploi et un témoignage sous serment
L’indice le plus récent est une expérience baptisée « prefer-index-over-serp-v3 », soit « préférer l’index aux SERP ». Repérée à la mi-août, elle touchait alors 8 % des conversations d’après Peec AI, qui estime que l’index est testé sur des parts de trafic allant de quelques pour cent à 20 %. Le shopping concentre l’activité. Au 2 septembre 2026, au moins cinq expériences de ce type tournaient encore, dont deux s’appuieraient sur l’index maison.
Peec AI cite ensuite des offres d’emploi d’OpenAI. L’annonce Software Engineer, Foundations Search mentionne la conception et l’exploitation « de systèmes d’indexation, de pipelines de récupération et de couches de service » (traduction). Celle d’Engineering Manager, Online Data Systems parle d’une base de données et de services d’indexation à l’échelle de l’exaoctet.
Dernière pièce : le témoignage de Nick Turley, responsable de ChatGPT, dans le procès antitrust intenté à Google. D’après les extraits rapportés par Peec AI, il a fait état d’« importants problèmes de qualité » (traduction) dans les données de recherche fournies par des partenaires autres que Google, et a indiqué que Google avait refusé de travailler avec OpenAI. Toujours selon Peec AI, OpenAI aurait lancé son index en 2023 avec l’objectif d’y traiter 80 % des requêtes avant la fin de cette même année. Nick Turley aurait aussi estimé qu’il faudrait au moins cinq ans, même avec un accès complet aux données de Google, pour savoir si l’index pourrait un jour répondre à toutes les requêtes. Un autre passage de l’article fait pourtant remonter le projet à début 2024. La chronologie reste donc floue.
Des moteurs tiers toujours sollicités
Peec AI ne prétend pas que ChatGPT se passe des moteurs existants. L’article recense au moins huit fournisseurs en plus du robot d’OpenAI, parmi lesquels Oxylabs, Yelp, TripAdvisor et Web IQ, la plateforme d’ancrage (grounding) de Microsoft. Malte Landwehr, directeur produit de Peec AI, a interrogé ChatGPT sur un site sans aucun trafic organique, et seulement certains jours. La Search Console de ce site a enregistré un pic de trafic aux mêmes dates, ce que Peec AI présente comme une preuve que ChatGPT interroge encore Google. Le test porte sur un seul site.
Bing figure, lui, parmi les sources dans les sessions Deep Research. L’auteur avance qu’un résultat qui ressemble à du Bing pourrait en réalité passer par Web IQ, un produit distinct, mais il ne présente aucun test à l’appui. Seul le champ « result_source » relève de l’observation directe ; le reste est interprétation, et l’article prévient que le système est encore remanié « d’une semaine à l’autre » (traduction).
Ce que j’en retiens
Je lis ce travail comme une hypothèse solide, pas comme un fait établi. Peec AI vend un outil de mesure de la visibilité dans les IA, et une thèse qui rend ChatGPT moins dépendant de Google et de Bing sert aussi son discours commercial. La conséquence pratique tient pourtant, même avec une marge d’erreur : être bien classé dans Bing ne garantit pas d’être repris par ChatGPT. Si OpenAI sert une part croissante de ses réponses depuis son propre index, ce sont ses robots qu’il faut laisser passer et suivre.
Je commencerais par les logs serveur : quels robots d’OpenAI passent sur le site, à quelle fréquence, sur quelles pages, et si le robots.txt ne les bloque pas par erreur. Pour un site e-commerce, le shopping est la verticale où les tests semblent les plus nombreux. C’est là que je suivrais en priorité la présence des fiches produits dans les réponses de ChatGPT.