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Netlinking

Fin de l’astuce du backlink .gouv.fr : « Les Bases » de l’ANCT passe ses liens en nofollow

Le 5 octobre 2026, l'équipe de « Les Bases », plateforme de ressources de l'ANCT, a fusionné un correctif qui passe en nofollow ugc tous les liens publiés par ses utilisateurs. Le backlink dofollow gratuit sur un .gouv.fr, exploité par des spammeurs, a vécu.

Publié le 5 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • La pull request n° 434 du dépôt de « Les Bases » a été ouverte et fusionnée le 5 octobre 2026.
  • Les liens saisis par les utilisateurs reçoivent désormais l’attribut rel= »nofollow ugc noopener noreferrer ».
  • L’attribut est ajouté à l’affichage : les ressources publiées avant le 5 octobre sont aussi concernées.
  • L’auteur du correctif parle d’un « premier pas » : le spam déjà indexé reste à nettoyer.

Un lien dofollow sur un .gouv.fr pour le prix d’une adresse e-mail

Les Bases du numérique d’intérêt général, plateforme du Programme Société Numérique de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), héberge sur lesbases.anct.gouv.fr des ressources publiées par ses utilisateurs. N’importe qui peut y ouvrir un compte. La pull request n° 434 du dépôt public de la plateforme résume le procédé : s’inscrire avec une adresse e-mail, créer une ressource contenant un bloc « Lien », puis la rendre publique. Aucun lien saisi par un utilisateur ne portait d’attribut nofollow ou ugc. Et toujours selon la pull request, l’indexation pouvait intervenir en moins de 24 heures.

Des comptes publiaient donc des ressources dans le seul but d’obtenir un backlink depuis un domaine en .gouv.fr. Les exemples de titres cités par l’équipe laissent peu de doute sur l’intention : « les meilleurs consultants SEO en France », « simulateur PEA gratuit ». On est loin du numérique d’intérêt général que la plateforme est censée documenter.

Le correctif : nofollow et ugc sur tous les liens des utilisateurs

La pull request s’intitule « fix(seo): marque les liens des utilisateurs en nofollow ugc, que des spammeurs exploitaient ». Ouverte par le développeur Nicolas Ritouet, elle a été fusionnée le jour même dans la branche de développement. Elle identifie deux causes. À l’enregistrement, la fonction de nettoyage du HTML, appelée sans options, supprimait l’attribut rel du texte enrichi. Quant au composant chargé des liens externes, il n’imposait que « noopener noreferrer ».

Les liens des utilisateurs portent désormais rel= »nofollow ugc noopener noreferrer ». Le périmètre couvre le texte enrichi des ressources, les blocs « Lien », les descriptions de bases, de profils et de collections, ainsi que les sites web et réseaux sociaux affichés sur les bases et les profils. Comme l’attribut est posé au rendu, les contenus déjà enregistrés sont traités sans migration de données. Les liens éditoriaux de la plateforme (conditions générales d’utilisation, page d’accueil) ne changent pas.

Deux accès secondaires sont fermés au passage. Les routes /markdown, qui servent une version Markdown des contenus, renvoient maintenant l’en-tête X-Robots-Tag: noindex, nofollow. Les pages d’invitation et de demande liées à une base, accessibles par jeton, passent elles aussi en noindex, nofollow : elles s’ouvraient sans connexion et affichaient la description de la base, même privée.

Tout n’est pas réglé. La fusion porte sur la branche de développement et la pull request ne donne aucune date de mise en production ; son auteur demande d’ailleurs de contrôler, sur l’environnement de prévisualisation, le HTML d’une ressource contenant un bloc « Lien ». Il présente ce travail comme un premier pas. Le spam déjà indexé reste à nettoyer, et la modération sera traitée séparément. À ce stade, le dépôt ne dit pas quelles ressources seront supprimées.

Ce que Google dit des liens UGC

Google a introduit la valeur ugc le 10 septembre 2019. Il la recommande pour les liens placés dans des contenus générés par les utilisateurs, « comme les commentaires et les messages de forum » (traduction). Le même billet annonçait que ces attributs seraient lus comme des indices sur les liens à prendre en compte ou à écarter, et que nofollow deviendrait aussi un indice pour l’exploration et l’indexation à partir du 1er mars 2020. La page Qualify your outbound links to Google (qualifier ses liens sortants) accepte plusieurs valeurs dans un même attribut rel, séparées par une espace ou une virgule. C’est le cas de « nofollow ugc ».

Pour les plateformes ouvertes, la page Prevent user-generated spam invite à envisager nofollow ou ugc sur tous les liens des contenus non fiables, et un noindex sur les publications des nouveaux utilisateurs qui n’ont encore aucune réputation sur la plateforme. Les règles de Google sur le spam visent de leur côté le spam de liens et le spam généré par les utilisateurs, décrit comme du contenu ajouté « par le biais d’un canal destiné au contenu des utilisateurs » (traduction). Des pages publiées sur un domaine tiers surtout pour profiter de ses signaux de classement relèvent en outre de la politique sur la réputation des sites (site reputation policy). Pour rappel, cette règle s’applique différemment dans l’Espace économique européen : les pages concernées peuvent y être traitées à part du domaine principal, mais sans action manuelle.

Ce que j’en retiens

Un lien obtenu sur une plateforme ouverte ne vaut que ce que décide son propriétaire. Ici, l’équipe a changé le réglage en une journée, et la modification touche aussi les contenus anciens. Que nofollow reste un simple indice pour Google ne change pas grand-chose à mes yeux. Un lien que le site hôte déclare lui-même comme contenu d’utilisateur, posé sur une page commerciale sans rapport avec sa mission, correspond presque trait pour trait au spam que Google décrit. Je ne parierais pas sur sa valeur. Autre point à surveiller : les outils de backlinks risquent d’afficher ces liens en dofollow tant qu’ils n’ont pas réexploré les pages, ce qui peut fausser un audit pendant un moment.

Si vous avez publié une ressource de ce type, le plus simple est de la retirer vous-même sans attendre le nettoyage annoncé. Si vous gérez une plateforme qui accepte des contributions, la démarche de l’ANCT se transpose sans difficulté : un attribut ugc ajouté au rendu pour couvrir l’historique, un noindex sur les versions secondaires des pages. On peut y ajouter ce que suggère Google, un noindex sur les publications des comptes récents, puis vérifier dans la Search Console quelles pages publiques sont indexées.

Sources

  1. fix(seo): marque les liens des utilisateurs en nofollow ugc, que des spammeurs exploitaient (pull request n° 434), GitHub inclusion-numerique/la-base, 5 octobre 2026 (github.com)
  2. Evolving “nofollow” – new ways to identify the nature of links, Google Search Central Blog, 10 septembre 2019 (developers.google.com)
  3. Qualify your outbound links to Google, Google Search Central, mis à jour le 10 décembre 2025 (developers.google.com)
  4. Prevent user-generated spam on your site and platform, Google Search Central, mis à jour le 10 décembre 2025 (developers.google.com)
  5. Spam policies for Google web search, Google Search Central, mis à jour le 28 août 2026 (developers.google.com)