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IA et moteurs de réponse

Anthropic interdit d’utiliser Claude pour manipuler les sources des moteurs et des IA

Anthropic a publié le 8 octobre 2026 une nouvelle politique d'usage pour Claude, applicable le 12 novembre. Une section inédite sur les campagnes trompeuses vise les faux avis, les réseaux de sites en apparence indépendants et la manipulation des sources où moteurs et IA puisent leurs réponses.

Publié le 5 min de lecture Par Alexis Marques

L’essentiel

  • Anthropic publie le 8 octobre 2026 une nouvelle Usage Policy, applicable le 12 novembre 2026.
  • La section « Do Not Engage in Deceptive Campaigns or Artificial Activity » (ne pas mener de campagnes trompeuses ni d’activité artificielle) compte six interdictions.
  • L’une d’elles interdit de manipuler les sources où les moteurs de recherche et les IA puisent leurs réponses.
  • La version du 15 septembre 2025 proscrivait déjà les faux avis, mais ne parlait ni de moteurs ni de réseaux de sites.

Une section unique pour la tromperie, politique ou commerciale

Dans sa note du 8 octobre 2026, Anthropic indique que ces règles étaient jusqu’ici dispersées entre ses chapitres sur les élections, la fraude, la vie privée et la désinformation. La nouvelle section couvre « toute activité trompeuse, qu’elle soit politique ou commerciale » (traduction). Elle vise le fait de masquer qui se tient derrière un message, d’amplifier un contenu avec de faux comptes ou de fausses publications, et de bâtir les outils d’opérations d’influence. L’éditeur dit avoir constaté que des médias d’État, des services de propagande et des sociétés commerciales se servaient de Claude pour animer des réseaux de faux comptes et de faux sites d’information.

La mise à jour touche aussi les élections, les armes, la surveillance, les usages à haut risque et les régions autorisées. Ces volets sortent du périmètre SEO. Le texte complet figure sur la page Usage Policy, qui affiche une entrée en vigueur au 12 novembre 2026.

Faux personas, faux avis, réseaux de sites : six interdictions

La première interdiction porte sur la création ou l’animation de faux personas, comptes, médias ou organisations, et sur l’usurpation d’acteurs réels, quand le but est de tromper sur l’origine d’un message, sur la popularité réelle d’une opinion ou sur le fait qu’on s’adresse à un humain. Anthropic cite les comptes fantoches, l’astroturfing, les faux avis et les bots qui se font passer pour des personnes. La deuxième vise la dissimulation du commanditaire d’un contenu d’influence.

Les deux suivantes concernent directement le référencement. La troisième interdit de faire circuler des contenus par des médias, sites ou comptes « en apparence indépendants » (traduction) pour cacher qu’ils viennent d’une source commune. On n’est pas loin de la définition d’un PBN. La quatrième interdit de manipuler les sources où les moteurs de recherche ou les systèmes d’IA puisent leurs réponses, en y injectant des contenus qui travestissent leur origine, leur auteur ou leur indépendance. L’exemple donné : des réseaux de sites qui se présentent comme sans lien entre eux et soutiennent les mêmes affirmations, pour simuler une corroboration indépendante.

Les deux dernières visent l’outillage et le commerce. Il est interdit de construire des outils ou des infrastructures conçus pour faciliter ces campagnes, comme de commercialiser, vendre ou chercher des financements pour de tels produits ou services. Le prestataire qui vendrait du « seeding » de contenus trompeurs rédigés avec Claude est donc visé, pas seulement son client. Le mot « SEO » n’apparaît nulle part dans la politique.

Par rapport à septembre 2025, les moteurs et les réseaux de sites font leur entrée

Les faux avis étaient déjà proscrits. La version du 15 septembre 2025 interdisait, dans son chapitre sur les pratiques frauduleuses, de générer des contenus numériques trompeurs « comme de faux avis, commentaires ou médias » (traduction). Elle ne mentionnait en revanche ni les moteurs de recherche, ni les réponses des IA, ni les réseaux de sites. La règle la plus proche portait sur la coordination d’activités malveillantes entre plusieurs comptes pour échapper à la détection.

Autre changement, plus discret. En 2025, la catégorie « Media or professional journalistic content » (contenus créés automatiquement puis publiés pour un public extérieur) faisait partie des usages à haut risque, ce qui imposait une relecture humaine qualifiée et la mention de l’IA. Elle ne figure plus parmi les 11 domaines de la nouvelle version (juridique, médical, finance, crédit, assurance, logement, emploi, éducation, etc.), et la note d’Anthropic n’explique pas ce retrait. L’interdiction de soumettre un travail assisté par IA sans autorisation ni attribution reste, elle, dans le chapitre sur la fraude.

OpenAI et Google : des règles plus générales

Les politiques d’utilisation d’OpenAI, en vigueur depuis le 29 octobre 2025, interdisent dans leur version française la « supercherie, fraude, escroquerie, spamming ou usurpation d’identité ». Elles ne citent ni les faux avis, ni les réseaux de sites, ni la manipulation des moteurs ou des réponses d’IA.

Côté Google, la Generative AI Prohibited Use Policy, modifiée pour la dernière fois le 17 décembre 2024, proscrit le spam, les fraudes et « autres actions trompeuses » (traduction), ainsi que l’usurpation d’identité sans mention explicite. La recherche n’y figure pas. L’équivalent se trouve dans les règles anti-spam de Google Search, mises à jour le 28 août 2026 : dès la définition du spam, la tentative de « manipuler les réponses d’IA générative dans la recherche Google » (traduction) y est placée à côté de la manipulation du classement. La logique diffère. Google fait reculer ou retire des sites de ses résultats, alors qu’Anthropic peut avertir un utilisateur, limiter, suspendre ou couper son accès à ses produits. Pour rappel, Google interdit depuis juillet les faux avis et les avis incités non signalés dans les extraits d’avis, sous peine d’action manuelle.

Ce que j’en retiens

Ce que le texte établit : à partir du 12 novembre 2026, se servir de Claude pour alimenter un PBN, rédiger de faux avis ou monter un réseau de pages censées « confirmer » une marque auprès de ChatGPT ou du Mode IA viole les conditions d’Anthropic, y compris pour le prestataire qui vend ce service. Ce que j’en déduis, sans confirmation officielle : Anthropic dit s’appuyer sur une équipe de détection et de surveillance sans décrire ses méthodes, et sa politique ne change rien à la façon dont Google ou les moteurs de réponse évaluent les sources. Le GEO « black hat » ne disparaît pas parce qu’un fournisseur de modèle l’interdit. Il ajoute simplement un risque contractuel au risque de pénalité.

Si vous travaillez avec une agence ou un rédacteur qui utilise Claude, demandez où les contenus sont publiés et sur combien de domaines. Un même texte décliné sur plusieurs sites qui se disent indépendants correspond à ce que vise Anthropic, et il s’expose aussi aux règles de Google sur les liens artificiels et le contenu à grande échelle.

Sources

  1. Usage Policy (effective November 12, 2026), Anthropic, 8 octobre 2026 (anthropic.com)
  2. 2026 Usage Policy update, Anthropic, 8 octobre 2026 (anthropic.com)
  3. Usage Policy, version du 15 septembre 2025 (archive), Anthropic (anthropic.com)
  4. Politiques d'utilisation, OpenAI, 29 octobre 2025 (openai.com)
  5. Generative AI Prohibited Use Policy, Google, 17 décembre 2024 (policies.google.com)
  6. Spam policies for Google web search, Google Search Central, mise à jour du 28 août 2026 (developers.google.com)
  7. Review snippet (Review, AggregateRating) structured data, Google Search Central (developers.google.com)