Googlebot : des IP déclarées à Mountain View, des points de sortie qui varient
Les adresses IP de Googlebot sont déclarées à Mountain View, en Californie, mais les requêtes ne partent pas forcément de là. Gary Illyes l'a expliqué le 14 août 2026 sur Bluesky, au lendemain d'un message de John Mueller reconnaissant que la localisation physique du robot « varie ».
L’essentiel
- Pour Gary Illyes, la mention « US, Mountain View » associée aux IP de Google est une valeur que Google déclare lui-même.
- Les requêtes sortent du cluster auquel chaque IP est rattachée, par exemple Atlanta.
- John Mueller se dit « à peu près sûr » (traduction) que la localisation physique de Googlebot varie.
- La documentation de Google décrit un crawl surtout américain, avec aussi des IP situées dans d’autres pays.
Une question sur la latence relance le sujet
Le 13 août 2026, un utilisateur de Bluesky (@mktgbill) interroge John Mueller à propos de problèmes de latence qu’il suit sur Azure. Il veut savoir si Googlebot explore encore surtout depuis Mountain View ou depuis des points répartis sur le territoire américain. Mueller répond qu’il est « à peu près sûr que la localisation physique varie » (traduction) et demande quels problèmes sont observés.
Barry Schwartz, de Search Engine Roundtable, enchaîne le soir même : le trafic ne venait-il pas en majorité de Californie, avec seulement quelques robots ailleurs ? La réponse technique arrive le lendemain matin. Elle vient de Gary Illyes.
Gary Illyes : « Mountain View » n’est qu’une valeur déclarée
Dans son message du 14 août, Gary Illyes explique que la localisation d’une IP est déclarée. C’est un simple champ texte, renseigné par celui qui gère les adresses, et Google y inscrit le plus souvent « US, Mountain View ». Les points de sortie, eux, varient. Une IP rattachée à un cluster d’Atlanta (« ATL » dans son message) envoie ses requêtes depuis Atlanta.
Barry Schwartz lui demande, émoticône à l’appui, si Googlebot ment sur sa provenance. Illyes lui retourne la question : vos papiers d’identité mentent-ils sur l’endroit d’où vous venez ? Dans un second message, publié l’après-midi même, il précise qu’une adresse IP n’a pas de « localisation géographique » (traduction) en soi. On lui attribue par défaut celle du titulaire du bloc, ou une position déduite des routes BGP anycast. Ses exemples : 1.1.1.1 et 8.8.8.8, des adresses qui sont en pratique « partout » (traduction).
Une limite tout de même. L’exemple d’Atlanta reste sur le sol américain, et aucun des deux Googlers ne dit quelle part du crawl part de l’étranger, ni depuis quels pays.
La documentation de Google prévoit déjà un crawl hors des États-Unis
Pour rappel, la page de présentation des robots d’exploration de Google indique que le trafic de Google sort « principalement par des adresses IP situées aux États-Unis » (traduction). Quand Google détecte qu’un site bloque les requêtes américaines, il peut tenter de l’explorer depuis des IP d’autres pays. La même page précise que ses clients tournent dans de nombreux centres de données à travers le monde, si bien que les journaux serveur peuvent afficher des visites depuis plusieurs adresses.
La page consacrée aux locale-adaptive pages (pages dont le contenu change selon le pays ou la langue du visiteur) est plus explicite. Googlebot y explore avec des IP situées hors des États-Unis en plus des IP américaines, et n’envoie pas d’en-tête Accept-Language. Google prévient qu’il risque de ne pas explorer, indexer ou classer toutes les versions locales d’un contenu. Il recommande des URL distinctes par version, reliées par des annotations hreflang.
Géoblocage : la consigne de 2016 reste valable
En juin 2016, sur le forum d’aide de Google, John Mueller avait posé la règle, comme l’avait relevé Search Engine Roundtable : Googlebot doit voir le même contenu que les utilisateurs de la région depuis laquelle il explore. Un site qui bloque les visiteurs américains doit donc aussi bloquer Googlebot quand il arrive des États-Unis. Mueller conseillait alors de laisser une partie du contenu accessible à tous pour qu’elle puisse être indexée.
Les échanges des 13 et 14 août ne remettent pas cette consigne en cause. Ils rappellent seulement qu’une base GeoIP, en lisant la localisation déclarée d’une IP de Googlebot, ne dit pas d’où part réellement la requête.
Ce que j’en retiens
Sur un site international, je tiens pour fragile tout dispositif qui choisit le contenu à partir de l’IP du visiteur : redirection automatique de la page d’accueil vers /fr/ ou /us/, blocage de pays au niveau du pare-feu ou du CDN, catalogue ou prix qui changent selon la géolocalisation. Googlebot recevra le plus souvent la version servie aux États-Unis, parfois une autre, et rien ne permet de prévoir laquelle. Des URL fixes par pays ou par langue, reliées par hreflang, avec une bannière qui propose la version locale au lieu de l’imposer, me paraissent la configuration la plus sûre.
Pour identifier Googlebot dans les logs, fiez-vous à la recherche DNS inversée ou aux plages d’IP publiées par Google (voir la page Verify requests from Google crawlers and fetchers), jamais à sa géolocalisation. L’outil d’inspection d’URL de la Search Console montre ensuite ce que le robot reçoit vraiment. Si des pages d’une version locale sortent de l’index, je regarderais d’abord les règles par pays du CDN ou du pare-feu.
Sources
- Gary Illyes (@methode.bsky.social), message sur la localisation déclarée des IP, Bluesky, 14 août 2026 (bsky.app)
- Gary Illyes (@methode.bsky.social), « IP addresses don't have a geographic location », Bluesky, 14 août 2026 (bsky.app)
- Googlebot Say They Are Coming From California But Might Not, Search Engine Roundtable, 14 août 2026 (seroundtable.com)
- Overview of Google crawlers and fetchers, Google for Developers (developers.google.com)
- Locale-adaptive pages, Google Search Central (developers.google.com)
- Verify requests from Google crawlers and fetchers, Google for Developers (developers.google.com)
- Google: If You Block US Users, You Have To Block GoogleBot, Search Engine Roundtable, 8 juin 2016 (seroundtable.com)